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LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
Maxime à l'école ! En quel honneur ?

Prologue, vendredi 17 octobre 1851

Ce matin, il y a affluence à l’école. Vous pensez bien que je ne pouvais rater l’occasion de m’y pointer pour prendre les dernières nouvelles. Et bien! Je n’étais pas le seul homme dévoré de curiosité : de nombreux enfants qu’on ne voit que bien rarement étaient présents. Comme quoi, on n'attire pas les mouches avec du vinaigre! Un peu de miel renversé, un petit mystère, et voilà autant de curieux tournoyant autour du dégât!

Parmi eux, le grand Maxime. Bâti comme une armoire à glace, Maxime est un phénomène de la nature et une force brute crépite en son for intérieur. Admirateur de l’homme fort Jos Montferrand, il n’est pas dit qu’il ne suivra pas les traces de ce géant. En attendant, Maxime passe le plus clair de son temps sur la ferme familiale. Il se fait des bras en exécutant les sales besognes habituellement réservées aux « engagés ». Pour son père, ce fils est un véritable cadeau du ciel.

Je vois bien que Maxime n’écoute pas la leçon de géographie. Ses connaissances géographiques se limitent aux bornes des terres de son père. Le reste du monde est un grand vide, un trou noir et pourtant il ne semble éprouver aucun vertige, aucun regret devant son ignorance. Maxime aime son tout petit coin de pays, son lopin de terre. Pourquoi faudrait-il apprendre des noms de villes étrangères où l’on ne mettra jamais les pieds? Je me posais les mêmes questions lorsque j’étais écolier... Comme tous les enfants du monde, j’imagine!

En fait, Maxime est distrait et regarde par la fenêtre. Dans son souvenir, le bureau de la maîtresse est beaucoup trop gros pour passer par cette fenêtre. Comment diable a-t-on pu le sortir de l’école ? Cette question le hante et il ne s’est pas aperçu que tous les enfants le regardent.

Mademoiselle Tremblay l’interroge et le grand Maxime est toujours dans la lune. Surpris par une question de l’institutrice, il lui demande poliment de répéter. C’est l’astuce classique de l’élève voulant profiter d’un délai supplémentaire avant de répondre. Contre toute attente, Maxime répond correctement et sans cafouiller. Ce « petit » a vraiment tous les atouts dans son jeu : grand et fort, vif et intelligent, sensible et posé... il m’impressionne. Paraît que ses parents veillent au grain et lui font l’école le soir à la maison. « Quel dommage qu’il ne vienne pas plus souvent en classe! » me confiait d’ailleurs mademoiselle Tremblay. Je comprends maintenant.

Avant la fin de la classe, l’institutrice demande l’attention de tous les enfants.

— Monsieur Cadotte, notre inspecteur des écoles, doit venir au village ce 21 octobre. J’aimerais que pour l’occasion, vous soyez tous présents en classe. Il faut faire honneur au village, faire honneur à vos parents.

— J’aimerais aussi que vous soyez attentifs à tout ce qui pourrait être dit sur la disparition de mon pupitre. Je n’aurai jamais assez de mes propres yeux et oreilles pour découvrir les coupables. Et puis, il faudrait absolument le retrouver avant que l’inspecteur ne vienne. Que pourrait-il penser d’une telle histoire ?

Monsieur le curé Chandonnay a beau prier Saint-Antoine-de-Padoue, le patron des objets perdus, je ne suis pas sûr du résultat. J’ai davantage confiance en l’essaim d’écoliers qui parcourt et fouine dans tous les recoins de la seigneurie.

Pour ma part, je vais faire ma petite enquête. Dès que j’ai du nouveau, je vous en ferai part.


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
l'enclos des chevaux.
La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

Chez Donald Laprise

La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
Chez Donald Laprise
Percepteur seigneurial

Le bureau

Chez Donald Laprise

Le salon de la résidence.