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LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
La disparition de Cornélius

Prologue, mercredi 22 octobre 1851

Une autre disparition troublante est survenue. L’épouvantail Cornélius, celui-là même qui a tant fait jaser et rire les habitants du village s’est volatilisé. S’agit-il du vol d’un brigand de grand chemin ou d’un autre mauvais coup?

Croyez-moi, si ces disparitions continuent, le jour n’est pas loin où c’est tout le village qui disparaîtra! Mais par où, grands dieux? Qu’en pensez-vous? Une disparition, c’est un simple hasard; deux disparitions, c’est une coïncidence... mais trois disparitions, mes amis, c’est un fait! Comptez avec moi : D’abord Lancette, ensuite le pupitre de mademoiselle Tremblay et enfin, Cornélius, un inoffensif épouvantail.

Mais qui donc voudrait de Cornélius? Certes, l’épouvantail est efficace mais pas vraiment un homme bon à marier! Et pas joli, joli... Il s’agit du fruit de l’imagination farfelue de Alcide Tremblay, un grand « patenteux » du village. Le squelette est constitué de deux branches solides attachées ensemble pour former une croix. Une motte de paille recouverte d’un vieux chapeau en feutre fait office de tête. Vingt grosses plumes d’oie tout ébouriffées, teintes une par une, cernent les bords du couvre-chef.

Sous l’oeil avisé de leur père, les enfants ont trempé leurs plumes dans les teintures fabriquées avec des plantes et des écorces : l’ellébore à trois feuilles pour le jaune, le Galium tinctorium pour le rouge et l’écorce d’érable rouge pour le bleu. Un savant mélange de couleurs n’est-ce pas? Imaginez donc un peu la «bobine» colorée de cet épouvantail et vous comprendrez mieux pourquoi les habitants, les voyageurs et les passants lui ont tant prêté attention!

Et ce n’est pas tout. Les yeux sont de gros morceaux de charbon et la carotte qui représente le nez a été piqué d’un clou qu’aucun moineau ne voudrait adopter comme perchoir! Par contre, je m’étonne qu’aucun rongeur ne se soit encore emparé de la carotte. Pour sûr que ce diable de Cornélius doit faire peur avec son apparence humaine. D’ailleurs, il est chaudement vêtu d’une veste en haillon et bourré de paille pour lui donner plus de brioche, plus de chair. Bref, ce coloré personnage, ce croque-mitaine des champs fait peur tant aux corneilles qu’aux rongeurs de tout crin. Une merveille, vous dis-je!

Chaque jour les enfants de Marie-Louise faisaient une ronde autour de Cornélius, histoire de conjurer le mauvais temps. Il chantaient en choeur cette comptine:

Cornélius, Cornélius,
Chasse les nuages,
Éloigne la pluie,
Et rend hommage
Au soleil qui luit.

Vous comprendrez que c’est donc avec beaucoup de peine et de larmes que les enfants m’ont rapporté sa disparition. Devrait-on promettre une récompense à celui qui ramènera Cornélius mort ou... vif? Faudra y jongler. Mais ces disparitions m’inquiètent. Aux dernières nouvelles, je ne suis pas seul à me faire du sang de cochon.


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
l'enclos des chevaux.
La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

Chez Donald Laprise

La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
Chez Donald Laprise
Percepteur seigneurial

Le bureau

Chez Donald Laprise

Le salon de la résidence.