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LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
Cornélius est de retour

Prologue, dimanche 26 octobre 1851

Comme de coutume, notre bon curé Chandonnay s’apprête à administrer le sacrement du pardon dans le confessionnal. La confession du dimanche permet d’entreprendre une nouvelle semaine, débarrassée des remords et des odeurs du péché. N’allez pas croire que tous ceux qui vont à confesse sont de grands pécheurs... Oh! Que non. Je crois même que ce sont surtout les petits pécheurs qui se font des scrupules pour des bagatelles. Remarquez bien que le curé, dans le secret du confessionnal, doit parfois en entendre des vertes et des pas mûres et en voir de toutes les couleurs. Malgré cela, il doit toujours quitter le confessionnal avec le même air du bon père de famille. Il ne doit jamais afficher une mine sombre ou, ce qui est bien plus grave, la tête encore toute rouge des péchés entendus. Cela pourrait faire jaser les paroissiens guettant la sortie du confessé...

Cette fois-ci pourtant, monsieur le curé n’a pas eu le temps de mettre le pied dans le confessionnal... qu’il poussa un cri rauque et s’écroula de tout son long sur le plancher. Plusieurs pensèrent qu’il venait de subir un malaise fatal: son visage habituellement rose et angélique était blême et cireux comme un cierge.

Un courageux paroissien, ignorant la règle sacrée d’intimité du confessionnal et considérant les circonstances extraordinaires, s’avisa de pousser la porte : l’épouvantail Cornélius bondit du confessionnal comme un diable à ressort. À son tour, le paroissien ahuri et estomaqué, s’affala sur le plancher.

Certains paroissiens furent pris d’un fou rire nerveux alors que d’autres voyait en cette silhouette informe et pittoresque, un envoyé du diable. La surprise passée, je jugeai cette plaisanterie astucieuse bien que de fort mauvais goût. Quelques braves habitants chassèrent sans ménagement l’importun épouvantail de ce lieu sacré.

Bien que fortement ébranlé, monsieur le curé Chandonnay reprît ses esprits en poussant un « Sainte-bénite » bien senti.

La messe fut expédiée en deux temps trois mouvements et même le sermon ne semblait pas à la hauteur des événements. Le curé Chandonnay aurait pu y aller de quelques tirades théâtrales. Au lieu de cela, il se contenta de quelques phrases molles balbutiées du bout des lèvres. Toujours monté en chaire, il adjura le coupable à s’en confesser. Visiblement, notre curé n’était pas dans son assiette.

Pourtant, je crois que monsieur le curé a manqué une belle occasion de se montrer rassurant devant tous ces récents mystères, disparitions et apparitions, qui tracassent ses ouailles. Pour sûr que ce dimanche-là restera marqué dans la mémoire de tous et alimentera les conversations de la semaine.

En attendant, le coloré épouvantail, en quelque sorte victime de sa popularité, est retourné aux champs de Marie-Louise Beaulieu. Je crois qu’on ne le reverra jamais plus comme avant : vedette populaire, il est soudainement devenu une sorte de possédé du diable.

Ah! Si seulement cet épouvantail pouvait parler!


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
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La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

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La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
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Le salon de la résidence.