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LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
Deux coqs de village s'affrontent

Prologue, mardi 4 novembre 1851

C'est d'un pas lent que Léon Simard, ayant encore en tête le sermon du curé Chandonnay, se rend chez le marchand Eustache Lavoie. Il sait que la rencontre ne sera pas facile. Les deux hommes ne s'aiment guère et cela ne date pas d'aujourd'hui. En outre, ils ont la réputation d'être chacun près de leurs sous! Qui plus est, les deux hommes sont également conscients de leur «importance» dans le village.

Léon est l'un des plus «gros habitant » de la seigneurie. Il engage plusieurs ouvriers agricoles et les rendements de sa terre sont enviables. Il produit annuellement des surplus et il vend le plus souvent son blé à des marchands de l'extérieur. Il possède plusieurs paires de boeuf de labours et il loue leur service à d'autres habitants qui n'en possèdent pas.

En fait, Léon vient très rarement au magasin. C'est son épouse Marie, soeur d'Anabelle, qui fait les commissions pour lui. Léon tient chez lui ses propres livres de comptes. Ces livres contiennent toutes sortes de renseignements concernant les dépenses et les revenus rattachés à son exploitation agricole. Ils contiennent également une liste des achats de consommation que son épouse fait pour l'entretien de la famille.

Liste en poche, il pousse la porte du magasin. Une clochette annonce son entrée. ll est cependant soucieux. Son épouse a tellement insisté pour l'accompagner. Se pourrait-il qu'elle s'ennuie à ce point de sa soeur ?

C'est d'abord Anabelle qui l'accueille. Elle semble nerveuse. La voix étouffée, elle demande à son beau-frère :

— Marie, est-elle souffrante?

La question ne semble pas étonnante pour Léon car il sait bien qu'en d'autres circonstances il aurait laissé Marie venir régler les comptes de la maison.

— Non, elle n'est pas souffrante! Elle vous envoie ses salutations. Je viens pour régler mes petites dettes, ce ne devrait pas être trop long car je tiens fidèlement le compte de mes achats au magasin.

À la vue de la liste, Anabelle devient toute pâle. Léon, tout à ses pensées, ne remarque pas la blancheur soudaine d'Anabelle, pas plus qu'il ne se rend compte de la présence de madame Simard.

— Où est votre mari, demande-t-il promptement?

— Là, juste derrière, il vous attend.

— Oh! bonjour madame Simard, j'espère que votre santé est bonne!

— Très bonne, répond-elle sans faire plus de façon.

Léon va rejoindre le marchand. Anabelle et Marie-Claude attendent que le ciel leur tombe sur la tête. Il leur paraît évident que leur secret sera mis à jour. Impossible d'y échapper.

Liste en main, Léon constate que le total de ses dépenses ne correspond pas à celui que le marchand a en mémoire.

Le bruit de la clochette de la porte fait sortir les deux femmes de leur torpeur. Monsieur le curé Chandonnay fait son entrée dans le magasin. Il vient régler ses dettes. Mais il a vu, par une des fenêtres du presbytère, Léon Simard entrer dans le magasin. En fait, il vient prêter main-forte aux dames Anabelle et Marie-Claude. Monsieur le curé est certes au courant du secret car son confessionnal est le lieu privilégié de toutes les confidences.

Des éclats de voix montent de l'arrière du magasin : Eustache et Léon s'invectivent et s'accusent mutuellement d'être des voleurs.

— La charité et la générosité empruntent parfois des chemins tortueux mes frères, de grâce, calmez-vous. Vos paroles dépassent vos pensées.

La présence du prêtre a tôt fait de calmer les esprits.

— Je vais chercher mon épouse, lance Léon en quittant prestement les lieux.


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
l'enclos des chevaux.
La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

Chez Donald Laprise

La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
Chez Donald Laprise
Percepteur seigneurial

Le bureau

Chez Donald Laprise

Le salon de la résidence.