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LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
Pétronille Papineau en voyage

Prologue, dimanche 7 décembre 1851

Nous avons enfin pu connaître quelques péripéties de la tournée européenne de Pétronille Papineau. Laissons-lui la parole :

— J’ai fait un excellent voyage. J’ai encore une fois chanté devant plusieurs royautés. Je suis même allée en Russie où j'ai eu le bonheur de donner un récital devant le tsar.

— J’ai visité plusieurs châteaux regorgeant de merveilleuses peintures. Certains peintres ont développé une technique tout à fait révolutionnaire en utilisant une toile.

— Je reviens à Prologue avec plein d’idées nouvelles en tête. Je reviens avec des techniques nouvelles en vocalise et en technique de la voix. J’ai entendu à Paris, une petite chorale d’enfants. On aurait dit des anges chantant les louanges de Dieu.

— À l'instar de cette vision angélique, j'aimerais mettre sur pied une chorale d'enfants pour la messe de Noël. C’est le curé Chandonnay qui sera surpris.

— J’ai dû utiliser les services de médecins parisiens à la suite d’une bronchite. Je vous assure que ces médecins parisiens n’ont pas votre compétence et votre doigté mon cher docteur!

— Je termine en vous racontant une petite aventure de voyage qui aurait pu mal tourner. Je devais me déplacer de Paris à la banlieue afin de donner un concert devant l’archevêque de Paris qui était à son palais épiscopal pour l’été.

— Tout était d'un calme plat, tellement que je m'endormis à force d’entendre la répétition du bruit des roues de la diligence sur le pavé. Tout à coup, je me sens virevolter sans en comprendre la cause. J’entend les cris du cocher, le hennissement des chevaux et les bruits de métal et de bois qui se rompent.

— Devant moi, il y a ce jeune ecclésiastique, Edmond, bréviaire en main, qui ne cesse de crier: «Mon Dieu aie pitié de moi et de la Diva Cantator»! En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, voilà la calèche sans dessus dessous et le bon abbé Edmond avec la soutane dans les yeux et moi par-dessus lui.

— Je vois encore tout le ridicule de la scène. Le visage du jeune abbé est d’un rouge écarlate. Il est coincé entre le siège et moi. Il ne peut bouger. Dans l’énervement, j'éclate de rire. Je rie jusqu'au moment où le cocher parvient à nous tirer de cette fâcheuse posture.

— Tirée d'affaire, je constate que je saigne au front et à une lèvre et que le bon abbé saigne sans arrêt du nez. Le cocher m’informe qu’un sanglier sauvage a fait son apparition dans un buisson et que les chevaux ont paniqué et quitté la route pour s’aventurer dans la forêt. Notre calèche a butté sur un arbre et a perdu la roue avant droite.

— Après quelques heures d’attente, une deuxième calèche emprunte le chemin. Les voyageurs nous invitent à monter et nous continuons notre route. J’ai donc dû chanter devant le Cardinal avec ma robe déchirée, la lèvre enflée et quelques éraflures aux bras.

— Ce qui importe dans tout cela, c’est que je suis revenue en pleine forme et la tête pleine de projets. Comme vous savez, je suis toujours très heureuse de revoir mon beau village.

Depuis, Pétronille Papineau a mis ses projets à exécution. Elle a choisi plusieurs enfants qu'elle retrouve régulièrement à l'église afin de leur faire pratiquer les chants prévus pour la messe de minuit.


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
l'enclos des chevaux.
La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

Chez Donald Laprise

La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
Chez Donald Laprise
Percepteur seigneurial

Le bureau

Chez Donald Laprise

Le salon de la résidence.