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LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
Crache en l'air, tombe sur le nez

Prologue, samedi 24 janvier 1852

Plus que la neige et le vent, le froid intense gèle toutes les initiatives. Au grand désarroi des enfants, l’interdiction formelle de sortir dehors a été lancée dans tous les foyers. Pas de jeux dehors pour les enfants. C'est trop dangereux. La vie est au ralentie, engourdie par le froid!

Chez les Scott, le réveil du quatrième jour de tempête est pénible. Levé aux petites heures du matin pour aller «repartir» le poêle à bois, monsieur Scott constate que l’intérieur de la maison est plus sombre que de coutume à cette heure du jour! Consternation, surprise, les portes sont bloquées, impossible de les ouvrir. La neige s’est accumulée et bloque toutes les issues. Les fenêtres sont aveugles.

Rapidement, on passe de la consternation aux reproches. Madame Scott n'est pas fière du tout. Elle a bien averti son époux de cesser de rire du «monde ordinaire» et de prendre des précautions. Quelques jours auparavant, Pélagie Durand avait dit à Robert:

— J’espère que toi et tes fins finauds d’amis vous faites pas erreur, sinon! gare!

Robert Scott et ses fins finauds d’amis — Pélagie visait principalement, Alexandre Marchand — s’étaient donc trompés! L’humeur de Pélagie ressemblait à celle de dame nature. Pas vraiment besoin de chauffer la maison, elle bouillait de colère contre son mari.

— Quand tu craches en l'air ça te r'tombe su'l nez. On va être la risée du village!, lance Pélagie à son mari tout penaud. Et pis ton Marchand, j'espère que la tempête va y enterrer toute sa fierté pour longtemps. C'te jars mérite rien que ça! Y'se tordait les boyaux en voyant Dubuc et Ménard bâtir les cheminées de neige! Comment veux-tu qu'on aille nourrir la vache? Pauvre bête, elle doit avoir bien peur!

Ce petit drame se répète dans la plupart des foyers où l’on avait ridiculisé les prédictions de Joseph Simard. La neige bloque entièrement leurs demeures. Ils savent qu’ils ne manqueront de rien pendant encore un jour ou deux mais il ne faut pas que la tempête s’attarde trop longtemps dans le village sinon ils auront besoin de l’aide de ceux dont ils ont tant ri.

À l'auberge, plusieurs sont attablés pour le déjeuner et monsieur le curé récite une prière pour remercier le Seigneur d’avoir envoyé la tempête avec tant de vigueur!

Hé oui, monsieur le curé est heureux de la «tournure des événements». Les sceptiques sont confondus! Le Seigneur n’aiment pas les «fins finauds». Le déchaînement des éléments va remettre tous ces orgueilleux à leur place et leur apprendre l’humilité!


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
l'enclos des chevaux.
La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

Chez Donald Laprise

La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
Chez Donald Laprise
Percepteur seigneurial

Le bureau

Chez Donald Laprise

Le salon de la résidence.