Sommaire [ 1-15 ]
1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6
7 | 8 | 9 | 10 | 11
12 | 13 | 14 | 15

Sommaire [ 16-30 ]
16 | 17 | 18 | 19 |20
21 | 22 | 23 | 24 | 25
26 | 27 | 28 | 29 | 30

Sommaire [ 31-45 ]
31 |
32 | 33 | 34 | 35
36 | 37 | 38 | 39 | 40
41 | 42 | 43 | 44 | 45

Sommaire [ 46-60 ]
46 | 47 | 48 | 49 | 50
51 | 52 | 53 | 54 | 55
56 | 57 | 58 | 59 | 60

Sommaire [ 61-75 ]
61 | 62 | 63 | 64 | 65
66 | 67 | 68 | 69 | 70
71 | 72 | 73 | 74 | 75

Sommaire [ 76-90 ]
76 | 77 | 78 | 79 | 80
81 | 82 | 83 | 84 | 85
86 | 87 | 88 | 89 | 90

Sommaire [ 91-105 ]
91 | 92 | 93 | 94 | 95
96 | 97 | 98 | 99 | 100
101 | 102 | 103 | 104 | 105

LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
Cornélius Krieghoff à Prologue

Prologue, mercredi 3 mars 1852

Pétronille Papineau, qui a des connaissances dans le monde des artistes à Québec, nous a ramené un peintre. Elle l'a rencontré à Québec chez des amis et lui a suggéré de venir au village Prologue pour faire des croquis de scènes hivernales. Elle lui a tellement vanté la beauté du paysage, la qualité de la lumière et la gentillesse des gens, que le peintre n'a pu refuser l'invitation.

C'est à l'auberge de Thérèse Chiasson et de Maurice Leblanc que Cornelius Krieghoff s'est installé. Depuis plusieurs jours, on le voit parcourir inlassablement le territoire à toutes heures du jour et en tout sens, dans l'espoir de saisir le moment et de découvrir le paysage qui lui inspireront un tableau.

Il m'a révélé qu'il voulait réaliser de nombreux croquis lors de la course de raquettes. Monsieur Krieghoff m'a avoué qu'il aimait bien peindre les fêtes d'hiver et que les auberges de campagne le charmait.

Monsieur Cornelius, comme l'appelle les enfants du village, n'a pas du tout l'air d'un épouvantail! D'ailleurs, les petits de Marie-Louise Beaulieu avaient bien hâte de le rencontrer pour voir si ce «Cornelius» ressemblait à leur «Cornélius».

Monsieur Cornelius est un peintre hollandais formé à l'académie des beaux-arts de Dusseldorf en Prusse. Il a rapporté avec lui le goût et la tradition de l'école hollandaise pour la peinture de genre et le paysage d'hiver. Il est arrivé à Montréal au cours des années 1840, à l'âge de vingt-cinq ans. Depuis peu, il est établi à Québec. Madame Papineau nous a confirmé (elle qui connaît toutes «les personnes qu'il faut connaître» à Québec) que Monsieur Krieghoff vient tout juste de s'y fixer à demeure.

Il faut d'ailleurs entendre madame Papineau nous parler de l'art de ce monsieur «Cornelius». Elle en parle avec toute la passion qu'on lui connaît.

— Les tableaux de monsieur Krieghoff sont remplis de couleurs vives. Ses thèmes exploitent les paysages ruraux et urbains et les scènes de la vie quotidienne des habitants ou des officiers anglais. J'ai vu de magnifiques ébauches montrant les coutumes et les traditions des Indiens. Mon tableau préféré est «Une scène d'hiver» que l'artiste a réalisé en 1847. Ce tableau montre une famille quittant en traîneau sa résidence pour se rendre au marché à Montréal. Quel magnifique tableau, quelles couleurs et quelle ambiance. Vraiment je vous le dis, monsieur Krieghoff fera sûrement sa marque au pays!

— Madame Papineau exagère sûrement! Son admiration pour son ami, l'aveugle quelque peu. Certes, je trouve également fort intéressant les croquis que monsieur Krieghoff a bien voulu me montrer. Mais de là à dire qu'il sera célèbre! Pourtant, qui sait? La prédiction de madame Papineau est peut-être juste! Les correspondants du futur pourraient peut-être nous en glisser un mot! Connaissez-vous le peintre Cornélius Krieghoff?


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
l'enclos des chevaux.
La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

Chez Donald Laprise

La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
Chez Donald Laprise
Percepteur seigneurial

Le bureau

Chez Donald Laprise

Le salon de la résidence.