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LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
Partie d'échec et leçon de vie

Prologue, mercredi 14 avril 1852

Paulin Larose s'est bien rétabli de ses malheurs!

Les autres enfants de l'école lui ont déjà donné un surnom : Paulin «l'éclopé»; rien de bien méchant là-dedans mais avec un tel surnom, Paulin ne pourra jamais oublier cette tempête de neige de l'hiver 1852.

D'une génération à l'autre les enfants demanderont : pourquoi ce surnom? Et Paulin racontera la triste aventure de l'effondrement des tunnels.

Aujourd'hui, c'est la première leçon d'échecs que James MacPherson donne à Paulin. Les deux hommes (c'est comme cela que Paulin est maintenant perçu par les villageois) ont rendez-vous à l'auberge de Thérèse Chiasson.

Une fois l'école terminée, Paulin court à son rendez-vous!

À l'auberge, il est attendu avec impatience. Thérèse lui a préparé des petites gâteries. L'ingénieur est là, installé dans un coin, fixant le jeu d'échecs depuis 10 minutes. Il a été convenu que Paulin doit, en échange, lui apprendre à jouer aux dames françaises!

— Jeune homme, saviez-vous que le jeu d'échecs était réservé à l'élite sociale. Ça ne fait pas très longtemps qu'on le retrouve dans les foyers des gens ordinaires.

Paulin écoute l'homme lui expliquer les rudiments du jeu avec respect et admiration. Cet homme, affable et doux est devenu comme un grand frère. Lors de sa convalescence, il est venu chaque jour lui raconter des histoires de l'Écosse, son pays natal.

Il lui a parlé du temps où il faisait ses études dans la ville d'Edimbourg et comment il avait décidé, avec l'un de ses cousins, de parcourir à cheval l'Ecosse des Hautes Terres et des Basses Terres.

Il lui avait également décrit la beauté des îles où il avait mouillé (les Orcades et les Shetland). Il lui avait raconté comment il avait écouté, dans chaque endroit, les vieillards parler de leur vie et de celle de leurs ancêtres. Il avait ainsi appris de nombreuses histoires plus fabuleuses et épeurantes les unes que les autres. Il avait ainsi entendu, les histoires et les légendes sur l'invasion des Celtes d'Irlande; le passage des Romains; les batailles des Highlanders au XIVe siècle; le règne des Stuart; les guerres de religion; la création des puissants clans familiaux et le rattachement de l'Écosse à l'Angleterre au début du XVIIIe siècle.

Paulin avait également été ébahi par la description que son ami faisait de toutes ces hautes terres formées de lacs intérieurs remplis d'eau douce. Les loch Ness et Lomond, échancrées de fjords éparpillés le long des côtes, lui apparaissaient comme autant de lieux magiques et majestueux.

Paulin repensait à tout cela et il se demandait comment il se faisait que son ami avait entendu toutes ces histoires, vu la surdité totale de son oreille droite et partielle de la gauche?

Mais quelque chose d'autre le troublait encore plus. Avec une profonde nostalgie, monsieur MacPherson lui avait expliqué que cette épopée avait fait de lui un homme véritable.

Les yeux rivés sur l'échiquier, Paulin s'entend encore lui demander :

— Mais qu'est-ce que c'est qu'un homme véritable monsieur MacPherson?

Et l'homme véritable lui avait répondu, sans hésitation.

— Un homme véritable! Et bien, jeune homme, un homme véritable c'est quelqu'un qui sait d'où il vient et où il va!

Paulin n'y avait d'abord rien compris. La phrase lui trottait dans la tête depuis une semaine. Il avait beau la retourner en tout sens, il ne comprenait toujours pas où voulait en venir son ami. Ainsi, il avait décidé de lui reposer la question dès qu'il le pourrait.

— Pardonnez-moi, monsieur MacPherson, je pense que je suis trop ignorant mais, je n'ai pas compris votre explication sur l'homme véritable! Seriez-vous assez gentil pour m'expliquer encore!

L'ingénieur regarda affectueusement le jeune garçon et tout en déplaçant un fou, il lui répondit en ces termes :

— C'est quelqu'un qui connaît son histoire et qui connaît celle des autres. Je crois fermement que la connaissance rend les personnes plus humaines et meilleures! Quelqu'un qui regarde derrière lui, voit beaucoup mieux ce qui se passe devant lui!

Mais cette explication semble encore plus confuse pour Paulin. Il décide donc de ne pas en rajouter. Peut-être un jour comprendrait-il ce que voulait dire son ami Ecossais?

À l'air distrait de Paulin, James MacPherson comprend que son explication n'a pas satisfait son jeune ami. Il ajoute :
— J'ai 38 ans, et j'ai parfois l'impression d'en avoir deux cents, comme j'ai parfois l'impression d'avoir tout juste votre âge, mon ami!

Là, Paulin, n'y comprend plus rien. Il ne voit vraiment pas comment on peut avoir plusieurs âges à la fois! Mais, Paulin n'en parlera à personne car il ne veut pas qu'on se moque de son ami et, qu'on le prenne pour un «curieux»!


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
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La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

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La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
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