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LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
Ouverture de la commune

Prologue, dimanche 2 mai 1852

La débâcle et la terrible aventure de Marc Borduas commencent à laisser place dans les conversations à la venue du printemps. Un ciel pur et un soleil éclatant invitent à respirer l'air et réjouissent l'âme.

Les routes sont dans un état pitoyable et font pester ceux qui les empruntent. Il ne reste plus de l'hiver que des bancs de neige dans les coulées, le long des clôtures, à l'orée du bois ou près des bâtiments.

Madame Beaulieu s'empresse de terminer la courtepointe qu'elle a sur le métier car elle sait bien qu'une période intense d'activité s'amène. Un peu partout dans les fermes, les animaux sont nerveux car les femelles, grosses des petits à naître, sont sur le point de mettre bas. Il y a déjà plusieurs jours qu'on a vu la première corneille et l'alouette cornue.

Pour l'île aux fermiers, la débâcle est un don du ciel car l'eau, en se retirant, laisse sur les terres un dépôt produisant les mêmes effets qu'un engrais. Il est connu dans le village qu'au temps des grandes inondations, le foin pousse tout seul. Ainsi, grâce à la crue printanière, la vocation de terre à foin de l'île est toute trouvée.

La rivière s'est retirée depuis quelques jours et l'île aux fermiers est couverte d'une jeune herbe tendre et nourrissante pour le bétail. Sur le parvis de l'église, le crieur public a annoncé l'ouverture de la commune. À l'entendre louer publiquement ce paccage naturel, il serait difficile aux habitants de ne pas y voir les avantages qu'ils peuvent en retirer.

Plusieurs grands arbres y trônent. L'orme domine et comme il porte son feuillage très haut, il donne de l'ombrage et procure un abri suffisant contre l'ardeur du soleil. Des bras de la rivière pénètrent profondément dans l'île rendant quelques sources d'eau fraîche accessibles au bétail. De jeunes garçons, engagés comme vachers s'occupent de ramener matin et soir les bêtes à la demande de l'habitant afin qu'il puisse les traire. Les jeunes Anthony Prologue et Charles Harris sont de ceux là. Ils ont la garde du bétail du seigneur Prologue.

Le bac de monsieur Bellerive, le passeur, est très grand et fort solide et les animaux ne courent aucun danger.

L'ouverture de la commune est l'occasion d'une fête que les habitants appellent «fête d'ouverture». Ce matin-là, on voit défiler bêtes à corne, chevaux et moutons en provenance de tous les coins de la seigneurie. Les habitants ont paré de rubans le cou de leurs bêtes pour les reconnaître. Un peu avant la messe, on fait passer toutes les bêtes sur l'île où une fête aura lieu.

Toute la population a été convié sur l'île pour la bénédiction du bétail par monsieur le curé. Après la messe, les habitants prennent le bac pour l'île où des jeux sont organisés pour les jeunes vachers. Plusieurs concours d'habileté ont mis en valeur les meilleurs d'entre eux et à la fin de la journée, les habitants traient leurs vaches et offrent ce bon lait chaud à qui désirent le boire.

L'île empêche bien des chicanes car personne n'est obligé de réparer des clôtures, la rivière servant de barrière naturelle. Et, d'une certaine manière, monsieur Bellerive contrôle les allées et venues sur l'île. Ainsi, les va-nu-pieds n'ont qu'à se le dire. On ne les laissera pas semer le désordre dans la commune. Les redevances sont faciles à recueillir car le passeur est un engagé du seigneur. Il a comme devoir de comptabiliser le temps que passe chaque tête de bétail sur l'île. Cela évite bien des tentatives de fraude comme on en voit dans d'autres seigneuries des alentours.


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
l'enclos des chevaux.
La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

Chez Donald Laprise

La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
Chez Donald Laprise
Percepteur seigneurial

Le bureau

Chez Donald Laprise

Le salon de la résidence.