Sommaire [ 1-15 ]
1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6
7 | 8 | 9 | 10 | 11
12 | 13 | 14 | 15

Sommaire [ 16-30 ]
16 | 17 | 18 | 19 |20
21 | 22 | 23 | 24 | 25
26 | 27 | 28 | 29 | 30

Sommaire [ 31-45 ]
31 |
32 | 33 | 34 | 35
36 | 37 | 38 | 39 | 40
41 | 42 | 43 | 44 | 45

Sommaire [ 46-60 ]
46 | 47 | 48 | 49 | 50
51 | 52 | 53 | 54 | 55
56 | 57 | 58 | 59 | 60

Sommaire [ 61-75 ]
61 | 62 | 63 | 64 | 65
66 | 67 | 68 | 69 | 70
71 | 72 | 73 | 74 | 75

Sommaire [ 76-90 ]
76 | 77 | 78 | 79 | 80
81 | 82 | 83 | 84 | 85
86 | 87 | 88 | 89 | 90

Sommaire [ 91-105 ]
91 | 92 | 93 | 94 | 95
96 | 97 | 98 | 99 | 100
101 | 102 | 103 | 104 | 105

LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
La fabrication du savon

Prologue, samedi 22 mai 1852

Comme vous savez, c'est au cours des premières semaines du mois de mai que les habitants fabriquent leur savon domestique. Pendant tout l'hiver ils ont conservé les restes de table, la graisse de porc et de boeuf et les os qu'ils ont pris soin de broyer. Ces restes forment le «consommage» ou «consommé», premier ingrédient à entrer dans la composition du savon domestique. Avec le retour des premiers jours du printemps la forte odeur de ce consommé force la ménagère à fabriquer son savon.

Chez les McLean, c'est le jeune Firmin qui est en charge de cette opération. L'autre jour, Clothilde Marchand, dans un geste de grande générosité, lui a offert de l'aider.
— C'est pas de refus ma belle rousse, lui a-t-il dit!

Ensemble, ils ont préparé l'installation pour accrocher l'immense chaudron dans lequel ils ont fait bouillir le consommé accumulé au cours de l'hiver. Cette opération avait pour but d'extraire toute la graisse qu'ils ont ensuite laissé reposer toute la nuit.

Le lendemain, Clothilde arriva en courant chez son ami. Tout heureux de voir qu'elle avait tenu parole et qu'elle n'avait pas de retard, celui-ci la mit en garde.

— Il ne faut pas faire d'erreurs dans la durée d'ébullition du liquide ou dans la force du feu sinon on peut perdre toute la brassée.

Clothilde eut un haut le coeur en se penchant sur la chaudronnée.

— Mais qu'est-qu'il y a la-dedans, demande-t-elle complètement dégoutée.

— Ben, pour avoir une bonne brassée et un produit de qualité il faut avoir 20 livres de gras, 30 pintes d'eau, 10 livres de résine, 5 livres de gros sel et deux pintes de «lessi».

— De la «lessi», mais qu'est-ce que c'est? demande-t-elle, ignorant son expérience passée à la buanderie de l'orphelinat.

— Ben voyons Clothilde tu connais donc rien de tout ça? La «lessi» s'obtient en versant de l'eau bouillante sur de la cendre de bois franc dans une grande cuve. L'eau, filtrée par la cendre, s'écoule doucement par un p'tit trou percé sous la cuve.

— Bon, pis après, une fois qu'on a tous ces ingrédients, qu'est-ce qu'on fait, demande-t-elle en feignant regretter d'avoir offert son aide.

— C'est notre travail de la journée. D'abord, on fait bouillir l'eau puis on y verse la «lessi» et la résine. Ensuite, on ajoute le gras et on laisse bouillir pendant 45 minutes. Pendant tout ce temps y faut être très vigilant et brasser sans arrêt avec la palette de bois que tu vois là-bas. C'est pour empêcher le débordement. Puis, écoute-moi ben! Lorsque le feu diminue d'intensité on ajoute graduellement le sel au mélange pour faire prendre le savon. Finalement, on vérifie si le liquide colle à la palette et glisse lentement en nappes. C'est le signe que le savon est prêt. Là, on retire le chaudron du feu et on le laisse refroidir pendant 24 heures. Demain, on aura plus qu'à découper le mélange durci. Comme ça, on aura de quoi se frotter les oreilles pendant encore toute une année.


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
l'enclos des chevaux.
La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

Chez Donald Laprise

La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
Chez Donald Laprise
Percepteur seigneurial

Le bureau

Chez Donald Laprise

Le salon de la résidence.