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LES CHRONIQUES DE PROLOGUE
Par : AUGUSTIN LEBEAU [ 1851-1852 ]
Savonnade pour Mathieu Martin

Prologue, dimanche 23 mai 1852

Le lendemain, Clothile était à son poste. Elle aida Firmin à découper le mélange en barres.

— Ouais, c'est ben du travail pour les autres! On pourrait pas trouver quelque chose d'amusant à faire avec ce savon, demanda-t-elle les yeux brillants de malice.

— Ouais, laisse-moi réfléchir, dit-il.

Mais Clothilde ne lui laissa pas le temps de trouver.

— Moi je sais, dit-elle!

— Tu sais quoi, demanda Firmin de plus en plus curieux.

— Il paraît que lorsqu'on frotte du savon sur un plancher de bois, c'est comme si on était sur de la glace tellement ça glisse (elle avait fait déjà le coup à la surveillante de la buanderie de l'orphelinat). Tu connais le petit ponceau de bois qui enjambe le ruisseau derrière l'auberge. Je connais quelqu'un qui l'emprunte souvent pour aller faire son jars auprès de sa belle, pas belle du tout, d'ailleurs!

— C'est une merveilleuse idée et je crois savoir de qui tu parles, répondit Firmin en affichant un large sourire.

— J'parle de Mathieu Martin dit Tudor. Celui-là j'peux pas le sentir! C'est un vrai p'tit prétentieux et il ne me déplairait pas de lui jouer un tour. Justement, aujourd'hui, j'sais qu'il a donné rendez-vous à sa belle. Ils vont sûrement faire des cochonneries si on ne les empêche pas! Ce sera une bonne action, dit-elle, en riant à gorge déployée.

Ils prirent deux grosses barres de savon et partirent en direction du ponceau. Clothilde, la malicieuse, connaissait exactement le moment où Mathieu Martin dit Tudor devait passer sur le petit pont. Ils savonnèrent toutes les planches du ponceau et se cachèrent derrière un petit bâtiment qui n'était pas très loin.

Lorsque Mathieu arriva en sifflotant, habillé de son bel habit du dimanche, il ne se doutait pas de ce qui l'attendait. Les mains dans les poches, il entreprit la traversée du petit pont. A peine eut-il fait quelques pas qu'il glissa, perdit l'équilibre et tomba juste à côté dans le ruisseau.

Clothilde et Firmin, qui n'avaient rien manqué du spectacle, se tordaient de rire. Mathieu Martin ne les vit pas et se releva sans trop comprendre ce qui rendait le pont si glissant. Il était trempé et l'eau lui dégoulinait de partout. Il regarda autour de lui espérant ne voir aucun témoin. Le jeune homme était fier de sa personne et ne voulait pas faire les frais des potinages des commères du village.

Mais, la p'tite Geneviève Papineau avait tout vu. C'est elle qui m'a tout raconté. Elle jouait pas très loin de là et elle a remarqué Firmin et Clothilde qui riaient à se rouler par terre. Puis elle a vu Mathieu Martin dit Tudor.

— On aurait dit un épouvantail, me dit-elle narquoisement!

Je ne vous répète pas ce que Mathieu Martin, de coutume si poli et si réservé, a dit lorsqu'il a su l'histoire. Je vous laisse deviner!


Augustin Lebeau, journaliste

La grange Yankee
et
l'enclos des chevaux.
La résidence du juge de paix.

Donald Laprise

Chez Donald Laprise

La chambre des enfants transformée en chambre d'amis.
Chez Donald Laprise
Percepteur seigneurial

Le bureau

Chez Donald Laprise

Le salon de la résidence.